Lunario di Settembre

Lunario di Settembre

Una volta, nella mia vita, ho fatto di più: ho offerto il sacrificio d’una intera notte alle costellazioni. Ciò avvenne dopo la mia visita a Osroe, durante la traversata del deserto siriaco.
Disteso supino, gli occhi bene aperti, tralasciando per qualche ora ogni pensiero umano, mi sono abbandonato dal tramonto all’aurora a quel mondo di cristallo e di fiamma.
È stato il più bello dei miei viaggi.
Il grande astro della Lira, stella polare degli uomini che vivranno quando noi da dozzine di migliaia d’anni non saremo più, splendeva sul mio capo. I Gemelli rilucevano d’una luce tenue negli estremi bagliori del tramonto; il Serpente precedeva il Sagittario; l’Aquila saliva allo zenit, le ali aperte, e ai suoi piedi splendeva quella costellazione non ancora designata dagli astronomi alla quale in seguito ho dato il più caro dei nomi.
La notte, che non è mai così totale come credono coloro che vivono e dormono nelle stanze, si fece più cupa, poi si rischiarò.
Si spensero i fuochi, che s’erano lasciati accesi per fugare gli sciacalli; quel mucchio di brace ardente mi rammentò il nonno, in piedi nella sua vigna, le sue profezie che ormai erano il presente, e che sarebbero state ben presto il passato.

“Une fois dans ma vie, j’ai fait plus: j’ai offert aux constellations le sacrifice d’une nuit tout entière. Ce fut après ma visite à Osroès, durant la traversée du désert syrien.
Couché sur le dos, les yeux bien ouverts, abandonnant pour quelques heures tout souci humain, je me suis livré du soir à l’aube à ce monde de flamme et de cristal.
Ce fut le plus beau de mes voyages.
Le grand astre de la constellation de la Lyre, étoile polaire des hommes qui vivront quand depuis quelques dizaines de milliers d’années nous ne serons plus, resplendissait sur ma tête. Les Gémeaux luisaient faiblement dans les dernières lueurs du couchant; le Serpent précédait le Sagittaire; l’Aigle montait vers le zénith, toutes ailes ouvertes, et à ses pieds cette constellation non désignée encore par les astronomes, et à laquelle j’ai donné depuis le plus cher des noms.
La nuit, jamais tout à fait aussi complète que le croient ceux qui vivent et qui dorment dans les chambres, se fit plus obscure, puis plus claire.
Les feux, qu’on avait laissés brûler pour effrayer les chacals, s’éteignirent; ce tas de charbons ardents me rappela mon grand-père debout dans sa vigne, et ses prophéties devenues désormais présent, et bientôt passé.”

Marguerite Yourcenar
Marguerite Cleenewerck de Crayencour (1903 – 1987)
Memorie di Adriano
Mémoires d’Hadrien – 1951

LUNARIO settembre 2014

Fasi lunari settembre 2014